Eternelle Angleterre !
Par Christian Lacaze
à Issy-les-Moulineaux

ISSY-LES-MOULINEAUX, le 21 octobre - Le 14 septembre dernier, l’Angleterre, alors championne du monde en titre, est humiliée 36-0 sur la pelouse du Stade de France par l’Afrique du Sud dans le choc annoncé de la Poule A. Dès lors, les jours du XV de la Rose dans ce mondial français semblaient comptés… et pourtant ! Cinq semaines plus tard, les Anglais s’inclinaient à l’issue d’un match indécis en finale de la Coupe du monde face à ces mêmes Springboks. Que de chemin parcouru entre temps !
De l'enfer au paradis... ou presque !
Le demi de mêlée anglais Andy Gomarshall apprécie : « Quand on regarde ce qu’on a fait depuis notre défaite 36-0 face à l’Afrique du Sud en match de poule, ce fut époustouflant. » Poussifs face aux Etats-Unis (28-10) lors de leur entrée en lice, dominés contre l’Afrique du Sud (36-0), longtemps ballotés par les Samoa (44-22), les sujets de sa Gracieuse Majesté étaient tout simplement rassurés face au Tonga (36-20) face à qui ils obtinrent leur billet pour la phase finale à l'issue d'un véritable huitième de finale. La grande aventure pouvait alors commencer ! Au stade Vélodrome de Marseille, les Anglais remportaient (12-10) la revanche de la finale 2003 face à des Australiens désabusés par ce nouveau tour joué par le Monsieur Plus du XV de la Rose : Jonny Wilkinson, 12 points à lui seul.
Le héros du sacre de 2003, dont les quatre dernières années avaient été gâchées par les blessures à répétition, était de retour sur le devant de la scène au meilleur moment… et ce n’était pas fini ! Deux coups de pied du maître à jouer anglais dans les dix dernières minutes de la demi-finale face à la France envoyaient les Tricolores en enfer et les Anglais au paradis… ou du moins à ses portes. Car ce samedi 20 octobre 2007, l’Afrique du Sud s’est montrée une nouvelle fois trop forte pour l’Angleterre (15-6).
Une défaite au goût de victoire
Le pack anglais, impressionnant de puissance face aux Australiens et aux Français, s'est vu mettre au pas par les avants sud-africains. Dans une finale fermée, les buteurs ont fait la différence et Wilkinson, une fois n’est pas coutume, est tombé sur plus fort que lui en la personne de Percy Montgomery auteur de 12 des 15 points de son équipe. Malgré la légitime déception, le clan anglais demeurait positif à l’image du troisième ligne Lewis Moody : « On est bien sûr déçu mais on peut être fier de ce qu’on a accompli après avoir connu une période éprouvante moralement. »
Les grandes équipes ne meurent jamais a-t-on l’habitude de dire. L’Angleterre est indéniablement de cette trempe-là. Irrésistibles il y a quatre ans en Australie pour devenir la première nation de l’hémisphère Nord à soulever la coupe Webb-Ellis, les joueurs de Brian Ashton ont fait valoir cette année leur solidarité pour venir à bout de leurs doutes. « Ces sept semaines ont été une grande aventure et je suis très fier de mes joueurs ; d’en être arrivé là aujourd’hui et de mettre autant d’intensité dans la finale », analyse le technicien anglais avant de poursuivre « Personne en dehors de notre équipe pensait qu’on n’allait faire quoi que ce soit. Nous avons montré au monde que si les choses évoluaient légèrement on aurait pu gagner. »
« Swing Low, Sweet Chariot »
Dans quatre ans en Nouvelle-Zélande, l’Angleterre comptera une nouvelle fois parmi les favorites pour la victoire finale, et ce, quoiqu’il leur arrive d’ici là. Car à l’image des paroles du célèbre « Swing Low, Sweet Chariot » cher à ses supporters, le XV de la Rose peut chanter « parfois j’ai eu des hauts, parfois j’ai des bas mais mon âme est toujours en route pour le paradis ». L’Angleterre est éternelle on vous dit, éternelle !
RNS cl/wb








