Bilan France - Sentiments mitigés
Par Nicolas Samier
à Issy-les-Moulineaux

ISSY-LES-MOULINEAUX, 20 octobre – Les campagnes publicitaires qui comparaient les joueurs du XV de France à d’illustres champions tricolores toutes disciplines confondues paraissent légèrement hors de propos ce matin.
Après le cinglant revers subi contre l’Argentine lors du match pour la troisième place au Parc des Princes vendredi soir, l’heure est donc venue de dresser le bilan de la campagne mondiale française, contrasté comme jamais tant les performances des Bleus ont été en dents de scie pendant ces deux mois.
Départ manqué
Dès les premières secondes du match d’ouverture contre l’Argentine, on pouvait être surpris de ne pas retrouver cette équipe si conquérante en préparation contre l’Angleterre, la supériorité des Pumas ne faisant aucun doute, la ferveur populaire était douchée d’emblée, dans les règles. Les jours suivants, on pouvait lire et entendre bien des théories sur le « non-match », les joueurs ayant peut-être été paralysés par l’enjeu, par la pression du public ou même par la fameuse lecture de la lettre de Guy Môquet.
Mais Bernard Laporte avait une toute autre opinion comme le
montre les nombreux changements effectués pour affronter
Sans briller mais en montrant une grosse qualité défensive,
Laporte faisait tourner son effectif lors du dernier match
de poule pour une victoire facile contre
40 minutes de légende
Dans un match annoncé perdu d’avance, le sélectionneur du XV de France tentait son va-tout en titularisant Lionel Beauxis à l’ouverture et Damien Traille à l’arrière, convaincu que la clé du match serait l’occupation du terrain.
Invaincue depuis 2000 contre
Mais après la pause, les Français décidaient de jouer un rugby de passes et d’attaque, et avec une envie et une motivation décuplée, ils commencèrent à faire plier les All Blacks.
Comme un symbole, c’est le Toulousain Thierry Dusautoir, énorme en défense, qui perçait le rideau néo-zélandais pour enfin concrétiser les belles promesses aperçues dans le jeu.
Coaching décisif avec l’entrée de Michalak et Chabal, le retour le la plaque tournante Jauzion, une première ligne retrouvée, des trois-quarts solides dans leur jeu au pied... tout était réuni pour un nouvel exploit retentissant. Les 10 dernières minutes de défense acharnée sonnaient le glas du colosse Noir, et consacraient les 22 nouveaux héros de l’hexagone.
Retour sur terre
Après ce chef-d’œuvre collectif de courage et d’envie,
Dans un match où les erreurs françaises se payèrent comptant, c’était l’Angleterre de Jonny Wilkinson qui s’imposait au finish, et là encore on ne pouvait guère crier au scandale.
Le doux rêve de gloire mondiale était cruellement brisé au plus fort de son élan.
Les neuf points marqués au coup de sifflet final
témoignaient de l’inefficacité française lors de ce match qui, de l’avis de
tous, s’était joué sur des « détails ». Comme en 2003,
Retour sous terre
Mais la semaine de préparation à ce rendez-vous a plus été marquée par les règlements de comptes entre joueurs, dirigeants et journalistes, car il convenait de désigner « le » responsable de cet échec. Toutefois, tous s’accordaient sur le fait que le XV de France se devait de quitter la compétition sur une bonne note, et c’était d’autant plus spécial que les Bleus se voyaient offrir une revanche contre le trouble-fête du match d’ouverture.
Mais la démonstration Argentine de vendredi soir à tristement mis fin à l’ère Laporte et aux carrières internationales de joueurs comme Pelous, de Villiers et Dominici. En l’espace d’une semaine, le « rêve bleu » est devenu cauchemar.
Alors que l’heure est à la passation de pouvoir et à la
reconstruction, c’est le temps qui décidera des souvenirs à conserver de cette
campagne mondiale, et il ne faudra pas oublier que cette année encore
RNS ns/wb








