Omar Hasán chante ses vérités
Par Juan Cruz Carrizo
à París

PARIS, 12 octobre - Omar Hasan Jalil est l’un des joueurs les plus attachants de l’ensemble argentin. Avec ses 36 ans, plus de 60 sélections, une troisième Coupe du monde, cet amoureux de l’opéra est la voix de l’expérience de l’équipe de Marcelo Loffreda.
L’homme de Tucuman se souvient du dernier choc entre Argentins et Sud-Africains le 5 novembre 2005, au cours duquel les Springboks s’étaient imposés 34-23.
« Je m’en souviens bien. Il nous a manqué un peu de sérénité pour l’emporter. Il nous aurait fallu aussi travailler un peu plus entre nous. C’était le premier match du mois de novembre de cette année et nous venions, pour la plupart, de jouer en Europe avec nos clubs. La préparation avait été trop courte et pourtant, malgré la dureté du match, nous menions. Malheureusement au final, nous l’avons perdu.»
Pour Omar Hasan, la grande différence entre cette époque et aujourd’hui, c’est que l’Argentine a changé.
« Nous sommes ensemble depuis le mois de juillet et autant sur le terrain qu’en dehors, il y a eu du changement. Techniquement, ce qui a le plus progressé, c’est l’appui que les avants peuvent apporter aux trois-quarts. Certes, les patrons du jeu sont inamovibles mais nous pouvons nous adapter à n’importe quel adversaire.»
Remplir le contrat
A l’heure des pronostics, le vétéran est prudent : « tout est possible. Nous savons qui est le favori de notre demi-finale…, mais nous savons ce que nous voulons. Nos résultats nous donnent confiance et nous entrerons sur le terrain avec l’intention de remplir notre contrat. Il y a quelques années, l’Afrique du Sud se cherchait mais aujourd’hui, ils sont redevenus dangereux. Ils possèdent de grands joueurs tels Matfield, Burger ou Habana.
« Nous devrons être très prudents sur les lancements de jeu. Les centres savent trouver des espaces et profitent parfaitement des brèches. De plus, ils sont très rapides. Il nous faudra être aussi forts que contre la France et l’Irlande, avec le jeu sans ballon, la pression et la récupération.»
Omar Hasan, avec son sens aigu de l’observation, estime que l’évolution des Pumas ces dernières années, est évidente et que la démonstration en a été faite lors de cette Coupe du monde.
« Le meilleur exemple est le match contre l’Ecosse. Nous n’avons pas joué mais nous avons gagné. Il y a quelques années, ce match nous l’aurions perdu.»
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