
ISSY-LES-MOULINEAUX, 19 octobre – Le monde du rugby assistera samedi soir à l’aboutissement de quatre années d’intense préparation, l’Afrique du Sud et l’Angleterre disposeront de 80 minutes pour tenter de faire figurer leur nom une deuxième fois dans l’illustre palmarès gravé sur la Coupe Webb-Ellis.
Sur cette Coupe du monde, tout ou presque semble opposer les deux équipes. Le parcours tout en facilité et en maîtrise des Springboks contraste avec celui, plus chaotique, du XV de la Rose, qui a procuré au demi de mêlée anglais Andy Gomarsall une « montagne-russe d’émotions ».
Les compteurs à zéro
Cette finale constituera une grande première puisque les deux finalistes se sont déjà affrontés en match de poule le 14 septembre dernier, au Stade de France. La victoire nette et sans bavure de l’Afrique du Sud (36-0) avait alors plongé les Britanniques dans le doute, les exposants aux critiques les plus vives de la presse d’outre-manche.
Mais le flanker vedette des Springboks, Schalk Burger, ne veut plus entendre parler de ce match. « C'est une autre semaine et c'est un autre match, tonne-t-il. Ce match de poule à eu lieu il y a quelques semaines et depuis les Anglais se sont bien débrouillés. On recommencera tout à zéro samedi et cette victoire précédente contre eux est oubliée depuis longtemps.»
De plus, les Britanniques ont depuis récupéré leur héros, Jonny Wilkinson, montrant une nouvelle fois qu’en dépit de ses nombreuses blessures, il reste un joueur d’exception, décisif dans chaque rencontre. Burger reconnaît qu’avec Wilkinson en face, les Sud-Africains n’auront pas la même équipe en face d’eux.
« C’est un joueur fantastique. Il a gagné une Coupe du monde. Il peut faire gagner son équipe à lui tout seul. »
Champion contre champion
Mais même si le jeu offensif du XV de la Rose est loin d’avoir fait l’unanimité pendant ce tournoi, il n’en reste pas moins que ces derniers seront en mesure de conserver leur titre mondial samedi, ce qui serait une grande première.
L’Angleterre a donc bâti ses succès sur la puissance et l’efficacité de son pack, intronisant un « monstre » en première ligne, Andy Sheridan. L’impressionnant pilier de Sale, 1m93 pour 122kg, s’est affirmé comme un des meilleurs joueurs à son poste, après avoir dominé les duels qui l’opposaient à l’Australien Matt Dunning et au Français Pieter de Villiers.
Mais samedi, Sheridan aura face à lui la légende sud-africaine, Os du Randt. A 35 ans, le champion du monde 1995 livrera un ultime récital pour ajouter un nouveau titre mondial à sa carrière et rejoindre ainsi les Australiens John Eales, Tim Horan et Jason Little. Du côté anglais, quatre finalistes de l’édition 2003 seront présents, à savoir Wilkinson, Vickery, Kay et l’arrière Jason Robinson, qui prendra sa retraite après ce match.
Ce dernier espère terminer sa grande carrière en beauté. « Gagner une Coupe du monde c’est la meilleure des sensations mais perdre – et j'ai perdu la finale de la Coupe du monde de Rugby League en 1995 – c’est le pire qui puisse arriver dans votre carrière. Avec de la chance je vais gagner ma troisième finale. »
Impressionnant effectif
Mais grâce au talent de joueurs comme l’ailier Bryan Habana, le meilleur marqueur d’essais de la CM, les flanker Juan Smith et Schalk Burger, le diamant brut François Steyn et l’omnipotent demi de mêlée Fourie du Preez, l’Afrique du Sud aura la faveur des pronostics. Le sélectionneur anglais Brian Ashton ne s’embarrasse pas de l’attribution des étiquettes de favori ou d’outsider.
« Vous croyez que c’est eux les favoris. Ils ont beaucoup d’expérience et leurs joueurs font bloc depuis quelques années. Ils ont aussi un très bon encadrement technique. Connaissant la mentalité sud-africaine, ils vont batailler jusqu’à la 80ème minute et nous aussi. Ca va être fantastique. »
Le coup d’envoi de cette grande finale aura lieu samedi à 21h, au Stade de France.
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