
SAINT-DENIS, 21 octobre – L’Afrique du Sud a remporté samedi sa deuxième Coupe du monde en dominant l’Angleterre 15 à 6 au sein d’une finale sans essai mais disputée avec une intensité folle de bout en bout.
Les Springboks auront donc tenu leur rang de favoris en battant l’Angleterre « à l’anglaise », en se montrant aussi fort que les Anglais sur leurs points forts, à savoir une présence sans faille en défense.
Cueto malchanceux pour quelques centimètres
Les Anglais n’auront pu inscrire que 6 points, deux pénalités de Wilkinson, contre les quatre pénalités de Percy Montgomery, meilleur réalisateur de la Coupe du monde avec 105 points, et une autre de près de 50 mètres du jeune François Steyn.
Longtemps, les Britanniques pourront se morfondre de l’essai de Mark Cueto à la 41ème minute, refusé par l’arbitre vidéo pour avoir mordu la ligne de touche quelques centièmes de seconde avant d’aplatir.
Sur le coup, ce dernier pensait pourtant que son essai serait validé : « Généralement, on le sent quand on marque un essai et là j’ai vraiment pensé que j’avais marqué. Je suis d’ailleurs tout de suite reparti vers mon camp. »
Domination aérienne
Mais malgré ce coup du sort la victoire sud-africaine s’est construite sur plusieurs points essentiels dont une domination sans partage en touche. Bakkies Botha, Juan Smith et Victor Matfield, élu homme du match, sont sans cesse venus perturber l’alignement britannique et ont chipé de nombreux ballons, ce qui a permis aux arrières sud-africains de jouer en touche en toute sérénité.
Le deuxième ligne anglais Ben Kay reconnaissait la supériorité des Boks dans l’alignement : « Leur jeu en touche était fantastique et a constitué une différence majeure entre les deux équipes. Ils sont les meilleurs du monde en touche depuis pas mal d’années et ils nous ont posé d'énormes problèmes. »
C’est d’ailleurs dans ce domaine que l’Afrique du Sud a pu faire la différence. Contrairement à l’Angleterre, les Springboks pouvaient compter sur le jeu au pied de nombreux joueurs, sur Butch James et Percy Montgomery mais aussi Fourie du Preez et François Steyn. Les dégagements sud-africains ont maintenu les volontaires Anglais à distance, ce qui forçait Jonny Wilkinson à jouer la plupart de ses possessions à la main.
Steyn porte l'estocade
Contraints d’attaquer à la main, les Anglais se montrèrent étonnement à leur avantage grâce au talent de joueurs comme Mathew Tait. Mais les ardeurs du XV de la Rose furent douchées par la pénalité de Steyn à la 62eme minute, qui l’obligeait à marquer un essai transformé plus une pénalité ou un drop pour espérer revenir à la marque. Brian Ashton regrettait de ne pas avoir concrétisé malgré le bon match de ses troupes.
« Nous avons été dans le match dès le début, jusqu’à la fin. On les a mis sous pression mais on a permis à l’Afrique du Sud de s’en sortir pas mal de fois. Nous nous sommes améliorés en deuxième période. Nous avons créé des opportunités en deuxième mi-temps et peut-être qu’on aurait pu en transformer beaucoup plus. »
Le pack du XV de la Rose, sans doute le plus performant de la compétition, avait enfin trouvé un adversaire à sa mesure. Les duels exceptionnels des première lignes, comme celui opposant Vickery à du Randt ou Sheridan à Van der Linde témoignèrent de la valeur des deux équipes. Mais la suprématie ballon en main des Burger, Smith et Rossouw donnaient un avantage certain aux Springboks au niveau de l’attaque.
Maîtrise défensive jusqu'au bout
Le sélectionneur sud-africain Jake White portait un regard avisé sur la maîtrise dont son équipe avait fait preuve en fin de match.
«Nous avons bien défendu. On ne pensait pas qu’ils nous menaceraient en touche. Bien sur on a raté un ou deux plaquages mais à 20 minutes de la fin mais il fallait qu’ils marquent deux fois. C’est des situations que vous travaillez à l’entraînement. Il faut savoir fermer le jeu. Dans le passé on a perdu des matches comme ça. »
La logique était donc respectée, et le capitaine John Smit pouvait brandir la Coupe Webb-Ellis reçue des mains du président Sarkozy. L’Angleterre des futurs retraités Dallaglio et Robinson n’a certainement pas à rougir de cette défaite tant ses joueurs ont su se relever et répondre aux critiques amères de la presse d’outre-manche après la défaite 36-0 contre cette même équipe d’Afrique du Sud en match de poule.
Mais ils sauront à l’avenir que cette défaite n’était pas le fruit du hasard, les Springboks étaient bel et bien la meilleure équipe de ce mondial, et ils feront sans aucun doute de superbes champions du monde.
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